Le Maroc, riche de son histoire millénaire et de sa diversité culturelle, abrite un patrimoine immatériel d’une valeur inestimable, dont plusieurs éléments ont été reconnus par l’UNESCO. Ces “trésors vivants”, transmis de génération en génération, témoignent de l’identité profonde du Royaume et de son engagement à préserver ses traditions. Parmi ces joyaux culturels, la fauconnerie et la tbourida se distinguent, inscrites sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
La Fauconnerie : Un Art Ancestral Partagé
La fauconnerie, art de dresser et de faire voler des faucons et autres oiseaux de proie pour la chasse, est une pratique ancestrale au Maroc, dont l’histoire remonte au XIIIe siècle avec l’arrivée des tribus bédouines des Banu Hilal. Bien que pratiquée dans plus de quatre-vingts pays à travers le monde, la fauconnerie marocaine est la seule d’Afrique à figurer sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Cet art est particulièrement vivace dans le village de Lakouassem, près d’El Jadida, unique au Maroc à perpétuer cette discipline. Les fauconniers de Lakouassem, descendants des Chorfas et héritiers d’un savoir-faire séculaire, sont réputés pour leur maîtrise de l’élevage et du dressage de ces rapaces. Chaque année, le Festival des fauconniers d’El Jadida célèbre cette tradition, rassemblant des participants du Maroc, d’Europe et des pays du Golfe. Au-delà de l’aspect ludique de la chasse, la fauconnerie moderne met l’accent sur la préservation des rapaces, de leurs habitats, et sur la transmission de cette pratique par le mentorat.
La Tbourida : L’Art Équestre au Cœur de l’Identité Marocaine
La tbourida, également connue sous le nom de “fantasia”, est une performance équestre marocaine datant du XVIe siècle, simulant des défilés militaires. Cet art, profondément ancré dans l’identité culturelle marocaine, a été officiellement inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO le 15 décembre 2021.
L’inscription de la tbourida par l’UNESCO représente une reconnaissance internationale d’un héritage civilisationnel arabo-amazigh unique, auquel les Marocains sont très attachés. Le processus de candidature a impliqué la participation active des communautés concernées et a été salué pour son importance dans l’identité culturelle et la mémoire collective du Maroc, contribuant également au développement durable par l’élevage des chevaux et la fabrication d’articles traditionnels. Devenue un sport au Maroc depuis 2000, la tbourida continue d’être une source de fierté nationale.
L’Engagement du Maroc pour son Patrimoine Immatériel
Le Maroc a ratifié la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en 2006, et depuis, le Royaume s’est activement engagé dans la préservation et la valorisation de ses trésors vivants. En 2024, le Maroc compte 15 éléments inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Outre la fauconnerie et la tbourida, d’autres éléments notables incluent l’espace culturel de la place Jemaa el-Fna (2008), le Moussem de Tan-Tan (2008), le festival des cerises de Sefrou (2012), les savoirs et pratiques liés à la production du couscous (2020), la calligraphie arabe (2021), les connaissances et pratiques associées au palmier dattier (2022), les arts, savoir-faire et pratiques associés à la gravure sur métaux (2023), le Malhoun (2023) et le henné (2024).
Le Maroc déploie des efforts considérables pour défendre son patrimoine culturel contre toute tentative d’appropriation, à travers des initiatives comme le “Label Maroc” et un dialogue renforcé avec l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle. Un nouveau cadre juridique et la création prochaine d’un Centre national dédié au patrimoine immatériel sont également en cours pour renforcer la sauvegarde et la valorisation de ce pan essentiel de l’identité marocaine. Ces démarches témoignent de la vision royale qui érige la culture en mémoire vivante et conscience collective des peuples. Le Maroc participe également à des projets mondiaux de l’UNESCO, comme celui sur le patrimoine culturel immatériel lié aux pratiques alimentaires, soulignant son rôle central dans la diversité culturelle mondiale.
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